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Anne-Sophie Marneffe : « La communication interne, c’est d’abord « lire » le management, comprendre comment il faut cheminer pour se faire entendre et ensuite fournir des outils à l’équipe»

Le prix ABCI 2012 de la recherche en communication interne a été attribué à Anne-Sophie Marneffe.

Anne-Sophie Marneffe : « La communication interne, c’est d’abord « lire » le management, comprendre comment il faut cheminer pour se faire entendre et ensuite fournir des outils à l’équipe»

C’est rare : le mémoire d’Anne-Sophie Marneffe, titulaire d’un Master (ULB, 2011) en « Information and communication, finality in business communication », obtenu avec la plus grande distinction, a tenu en haleine le jury du prix ABCI 2012 de la recherche en communication interne. Du début à la fin.
A travers son mémoire intitulé « La construction du sens au sein d’une équipe autogérée – Quelle est l’origine du sens donné collectivement aux tâches à effectuer ? », Anne-Sophie Marneffe nous entretient avec bonheur des « dynamiques d’élaboration individuelle et collective du sens donné à la collaboration au sein d’une jeune équipe autogérée ». Un travail de recherche qui se lit comme un roman d’abord parce que la jeune femme a pris le temps de connaître ses personnages : 7 mois d’immersion au sein d’une structure dont les règles de travail venaient d’être profondément modifiées y ont profondément contribué. Et au bout du compte, une seule question taraude le lecteur : qu’est devenue MG1 ?

Le prix ABCI 2012 de la recherche en communication interne, ce n’est pas seulement la mise en valeur des recherches les plus abouties et innovantes en un domaine où tant de choses restent à faire. « L’objectif est aussi de poser les balises d’une coopération structurée entre les établissements d’enseignement supérieur et notre organisation professionnelle. Il nous semble important qu’à moyen terme, nous partagions nos réflexions sur l’évolution des compétences nécessaires à la pratique de notre métier, au sein de ce qui pourrait devenir une véritable veille professionnelle de la communication interne » écrivaient en 2011 Christine Massin et Pierre de Villers.

Objectif atteint avec ce grand cru 2012. « Anne-Sophie Marneffe sort des sentiers battus de la communication pour aborder un thème multidisciplinaire à la frontière entre communication interne, RH, fonctionnement des organisations. Le traitement de l’information consultée est remarquablement riche et pertinent. Il ne s’agit pas d’une ‘simple’ compilation de sources mais de création de valeur ajoutée par leur recoupement et agencement. En outre, elle utilise le storytelling aussi bien dans sa méthode de recherche (interview détaillée des témoins) que dans sa façon d’écrire, explique un membre du jury. Le travail se lit comme un roman. Enfin, l’apport personnel est très important. Les modèles de la littérature sont transformés ou complétés sur base des ses recherches. »

« La vie qui bouillonne »

Originaire de Wépion, Anne-Sophie Marneffe a toujours ressenti le besoin d’expliquer les choses, de mettre au jour les interactions entre les membres d’un groupe, de sentir comment faire « passer ses idées » en s’adaptant au tempo de l’assemblée. « Lorsqu’en secondaire, en latin-math, on me demandait de faire des présentations orales, j’adorais cela ».
Et lorsqu’en rhéto’, elle fut amenée à découvrir, durant trois jours, l’univers professionnel de la communication, elle a immédiatement senti qu’il s’agissait d’un univers qui lui correspondait. « J’ai hésité à choisir l’économie, à suivre un cursus d’ingénieur de gestion mais c’est finalement ce côté plus littéraire, interactionnel qui m’a séduite ».
La voilà finalement qui atterrit à Bruxelles, sur le campus de l’ULB. « J’aurais pu poursuivre mes études à Namur ou à Louvain. Mais Bruxelles est une ville que j’adore. Je me trouvais tout à la fois sur un campus estudiantin et à cinq minutes de la ville, de la vie qui bouillonne ».

La gestion du changement

En position d’observatrice, Anne-Sophie s’est « imposée doucement » dans cet univers en devenir. « C’est cela aussi que j’aime : une relation qui ne part de rien et qui se tisse peu à peu ». C’est en multipliant les rencontres et les entretiens qu’elle a dessiné la toile des relations interpersonnelles d’une équipe soumise à fortes pressions, celles du poids du passé, des exigences qui muent, de l’organisation qui se transforme et des personnalités qui émergent. Avec au centre, ce « rayon de soleil » qu’on ne connaîtra que sous le sobriquet de MG1. Le personnage central niché au cœur de l’équipe et de ses soubresauts, une femme faite de chair et de sang, plus facilitatrice que marionnettiste, stratège mais pas trop.

Le mémoire d’Anne-Sophie a permis, aux consultants choisis par l’entreprise qui tentait l’expérience de l’équipe autogérée, « s’ils le souhaitaient, de tirer des conclusions pratiques de ces entretiens, des petites choses très concrètes. Surtout, j’ai eu envie de leur dire qu’ils n’avaient peut-être pas suffisamment fait le lien entre le changement et le vécu de ces gens sur le terrain. »
Il aurait peut-être fallu leur dire : « voilà ce qu’on a fait avant, voilà le passé des travailleurs. Le tissage de liens (entre le passé des travailleurs /la culture d’entreprise et le changement) peut aider des individus à donner du sens à un changement organisationnel tel que le passage à l’autogestion. Il peut les amener à s’interroger sur ce qu’ils vont accepter dans le changement. ».

Communication interne

Jr Consultant chez Whyte Corporate Affairs (Bruxelles), Anne Sophie Marneffe pense qu’avant de gérer la communication interne de l’entreprise, il faut d’abord comprendre ses règles de fonctionnement. « Pour avoir une vision claire, il faut à la fois pouvoir prendre du recul et prendre le temps d’observer l’entreprise de l’intérieur. Si on ne prend pas la peine d’examiner le contexte, autant faire confiance à la chance… Et puis, il faut peut-être essayer d’avoir avec soi une personne convaincue à la base, capable de donner du sens au changement. Ensuite, il ne faut pas « copier » ce qui se fait ailleurs : toutes les réalités sont différentes. Il n’y a pas de recette miracle, de solution toute faite. Enfin, et c’est souvent le problème en communication interne, on pense d’abord aux outils. Or, ce n’est pas cela. D’abord, on a des objectifs. La question suivante est de savoir comment les atteindre. Ensuite, on fait usage des outils. Pas forcément de « nouveaux outils » : des outils tout à fait traditionnels peuvent parfaitement faire l’affaire. La communication interne, c’est d’abord « lire » le management, comprendre comment il faut cheminer pour se faire entendre et
ensuite fournir des outils. »

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