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Au-delà d’une cartographie des associations professionnelles en communication, RESIPROC, réseau international de chercheurs francophones, s’intéresse aux profils des communicateurs. Nous parlons bien de communicateur et non de communicant . Le communicant est tout être qui communique, le communicateur est celui qui a le mandat de la communication dans l’organisation.

coyette2Premières conclusions

En 2012, nous rencontrons en France, en Belgique et au Canada, les présidents associatifs actuels et passés. Les résultats ? Des « figures professionnelles » en tension.

Au fil de nos entretiens, nous voyons émerger celle du professionnel «couteau suisse». Qui est-il ? C’est le communicateur multitâche. Polyvalent, il optimise les « moyens du bord » pour exercer son métier. Mais le «couteau suisse» est en tension avec l’ «expert idéalisé ». Un stratège qui agit tout en défendant des valeurs (humanisme, innovation, dialogue interne).

Que reflète cette tension ? La difficulté quotidienne pour certains professionnels d’agir en phase avec leurs idéaux.

D’autres figures professionnelles émergent d’une étude au sein des universités belges francophones. La même tension est palpable entre le quotidien vécu par le communicateur interne et son idéal.

Le «Communicateur interne invisible» est au service de sa hiérarchie, partage les valeurs de son institution mais ne dispose d’aucune marge de manœuvre. Il aspire à devenir un «conseiller expert et stratège» impliqué tant dans la définition de la stratégie que dans sa mise en œuvre.

Certains de ces communicateurs internes ressentent un malaise étant en « sandwich » entre différents publics (autorités et communautés universitaires). En période de changement, là où la transparence et la transmission d’informations « vraies » leur paraît essentielle, ils restent limités dans les choix des sujets à diffuser. La structure complexe des institutions universitaires complique également leur communication rendant les messages contradictoires nombreux.

Heureusement, nos rencontres dévoilent également des communicateurs se définissant comme d’éternels «autodidactes reconnus» . Curieux et légitimés dans leur organisation, c’est par leur pratique et grâce à l’échange avec leurs pairs qu’ils acquièrent de nouvelles compétences.

En conclusion, la diversité des figures et les tensions constatées témoigne d’un tiraillement pour de nombreux communicateurs. Conscients à la fois de la nécessité d’atteindre des objectifs quantitatifs et de la mutation de leur organisation, ils jonglent entre efficacité et gestion d’un environnement toujours plus complexe.

Si les associations agissent activement pour « outiller » leurs membres, l’idéal serait aussi d’ouvrir le débat entre professionnels et de questionner ensemble sur le sens de ses pratiques…

Article de Catherine Coyette, assistante de recherche UCL ; LASCO-RESIPROC

Zoom sur RESIPROC
RESIPROC est un réseau créé en 2011 au Canada lors du 79e Congrès de l’Acfas (Association Canadienne- Française pour l’Avancement des Sciences). Une dizaine de chercheurs et académiques s’impliquent activement dans ce projet. Les premiers « Cahiers du RESIPROC » sont en vente en ligne au prix de 8,5 euros (13 euros en version papier).
Référence : La professionnalisation des communicateurs. Dynamiques, tensions et vecteurs (2013). Les Cahiers du RESIPROC, n°1, Presses universitaires de Louvain- PUL En collaboration avec les Éditions de l’Université de Sherbrooke. Les Cahiers du RESIPROC sont dirigés par François Lambotte (UCL-Mons).

Plus d’infos ? françois.lambotte@uclouvain-mons.be

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2 réflexions sur “Et vous ? Couteau suisse ou autodidacte ?

  1. Intéressante cette approche statistique et ces distinctions entre les catégories de communicateurs dans les quelles nous nous retrouverons certainement. Elle donne des indications précieuses pour nos formations et ateliers

  2. Les références précises pour se procurer nos recherches sont les suivantes :
    « BAILLARGEON, Dany, DAVID, Marc D. (ed.) La professionnalisation des communicateurs. Dynamiques, tensions et vecteurs (2013). Les Cahiers du RESIPROC, n°1 »

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